Agressions sexuelles à Beaumont-sur-Oise : un an de prison ferme pour un auxiliaire de vie scolaire
L’homme de 56 ans a été condamné lundi 25 septembre pour s’être attaqué à six élèves de l’école Jean-Zay en 2019. L’affaire avait à l’époque plongé les parents dans l’angoisse.
Par Frédéric Naizot
Le 26 septembre 2023 à 17h44, modifié le 26 septembre 2023 à 19h07
Source : https://www.leparisien.fr/
Une tourmente s’était abattue sur l’école Jean-Zay, à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), lorsqu’en décembre 2019, les déuôts de P-laintes des uarents s’étaient succédé. Six fillettes, âgées alors de 7 à 9 ans, leur avaient raconté les caresses sur les parties intimes de l’ A VS de l’école
(auxiliaire de vie scolaire) lorsqu’elles étaient sur ses genoux. Des faits relayés sur les réseaux sociaux où les parents étaient incités à faire parler leurs enfants. Cet homme de 56 ans, qui offrait des cache-oreilles aux enfants qui l’appréciaient beaucoup, a nié tout geste sexuel sur les écolières devant le tribunal correctionnel de Pontoise lundi. Mais à l’issue de huit heures d’audience minutieuses, il a été reconnu coupable d’agressions sexuelles sur mineures de moins de 15 ans. B. a été condamné à trois ans de prison dont deux ans assortis d’un sursis probatoire, période pendant laquelle il devra se soigner, ne pas entrer en contact avec les victimes et les indemniser. Il n’a pas été placé en détention: le juge d’application des peines statuera sur la manière dont il effectuera les douze mois ferme. « Depuis cette histoire, c’est la descente aux enfers » Les parents des écolières, présents à l’audience, soulignent les répercussions pour leurs filles et toute la famille. « Depuis cette histoire, c’est la descente aux enfers », confie le père d’une des plaignantes, relatant les cauchemars de sa fille qui crie dans son sommeil« Lâche-moi, lâche-moi! » « Cela fait quatre ans, je suis sous antidépresseurs depuis ça … Un père a également été condamné à six mois de prison avec sursis pour violence avec arme à l’encontre du prévenu. « Je l’ai croisé après les faits. Il rigolait. J’ai pété les plombs. » Depuis, la famille a quitté Beaumont. « Elle n’avait pas de difficultés à l’école et, d’un seul coup, elle ne voulait plus y aller » , ajoute une maman au sujet de sa fille. L’affaire démarre par l’inquiétude d’un couple au sujet du cache-oreilles offert à leur petite fille par l’ A VS. Rassurée par l’école, la maman demande à sa fille à la maison si elle l’a bien remercié. Elle parle alors d’un bisou sur la bouche. La maman l’invite à poursuivre, lance un jeu de rôle où son enfant refait les gestes de l’AVS. La petite fille demande à sa maman de s’allonger sur le dos, se met sur elle puis la caresse notamment au niveau du sexe. Les parents déposent plainte à la gendarmerie qui ouvre une enquête. Mais plus tard, entendue par des gendarmes spécialisés, la petite fille ne dira plus rien.
« À aucun moment», jure l’AVS
Un autre couple va porter plainte dans la foulée pour des faits similaires concernant ses deux petites filles, qui racontent elles aussi des caresses intimes, en livrant parfois des détails qu’une enfant de cet âge ne peut probablement pas inventer. Des propos réitérés devant les gendarmes. Trois autres victimes suivront, au discours toujours « authentique » , selon la procureure. L’avocate de la défense, Me Marion Ménage, souligne l’absence de témoignages directs des faits:« Un prédateur sexuel ferait cela au milieu de la cour de récré, devant tous les instituteurs ? Et s’il ne l’avait pas fait ? Et s’il l’a fait, est-ce que c’était intentionnel? » souligne-t-elle en plaidant la relaxe, tout en reconnaissant qu’il n’avait pas la bonne distance avec les enfants. «Jamais! À aucun moment. » À la barre, B., l’AVS, affirme ne jamais avoir eu de geste à caractère sexuel, même s’il admet avoir pris sur ses genoux les enfants qui le demandaient et d’avoir peut-être touché les cuisses involontairement. « Il clame son innocence depuis le premier jour et on vient l’accuser du pire », souligne encore son avocate, pour qui le doute subsiste. « Tout n’est pas forcément à prendre au pied de la lettre dans les déclarations des enfants », estime-t-elle en soulignant le rôle néfaste des intervenants sur les réseaux sociaux.
Interdiction de travailler avec des mineurs
« Ce sont des mots que l’on n’a jamais envie d’entendre de la bouche de son enfant. Les parents n’avaient pas envie de quatre ans de procédure pénale. Comment imaginer qu’ils aient pu manipuler les enfants ? » plaide Me Sandy Corler, qui assistait la famille de deux sœurs, qui ont connu les maux de ventre, l’hypervigilance et le blocage face à l’école en raison des faits subis.
Le tribunal a également prononcé à l’encontre du prévenu une interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs pendant cinq ans. L’AVS, qui avait auparavant travaillé dans sept écoles sans jamais faire parler de lui, travaille désormais comme technicien dans l’immobilier. Loin des enfants.







