Assises : un témoin identifie l’accusé du meurtre de Garge, « c’est un visage que je ne peux pas oublier »
Un témoin anonyme a identifié avec certitude ce mercredi après-midi à 100 % l’accusé, Hakim J., comme étant l’homme qui a tué Alsény, le 27 janvier 2020, dans le quartier de la Muette. La victime avait été abattue dans sa voiture.
Ce mercredi après-midi, un témoin anonyme a certifié devant la cour d’assises du Val-d’Oise que l’accusé est bien l’homme qui a tué Alsény, le 27 janvier 2020, dans le quartier de la Muette.
Jeudi 21 septembre 2023
La voix du témoin est déformée pour garantir son anonymat. On distingue vaguement quelques gestes derrière une vitre opaque. Le témoin anonyme 2/20 qui s’est exprimé ce mercredi en visioconférence devant la cour d’assises du Val-d’Oise a identifié avec certitude l’accusé, croisé rue René-Laennec, le 27 janvier 2020, lorsque Alsény a été abattu dans sa Twingo. La présidente lui présente la planche photo de la PJ, et il n’a aucun doute, la réponse fuse : « Oui c’est la n° 7. Là, c’est à 100 %. Je suis sûr. » Il avait eu quelques hésitations lorsqu’il avait été entendu juste après les faits. Il n’en a plus aucune : « Quand il a fini de tirer, il est passé devant moi en trottinant. C’est un visage que je ne peux pas oublier. »
Dans le box des accusés, Hakim J. secoue la tête en comprenant que l’issue de son procès pour assassinat en récidive, qui a débuté mardi à Pontoise, s’est subitement assombrie. Le témoin a aussi précisément décrit sa silhouette, celle d’un homme mesurant 1,97 m, un peu gros à l’époque, d’origine tunisienne. L’accusé, condamné en 2016 pour tentative de meurtre, nie toute implication dans les faits depuis son interpellation.
« Il s’est retournéet il a commencé à tirer »
Le témoin 2/20 avait commencé sa déposition devant la cour en décrivant la scène du meurtre avec une grande précision. Il relate la Twingo noire de la victime stationnée, l’homme encapuchonné qui se porte à la hauteur de la vitre passager et entame une discussion qu’il perçoit comme calme. « La personne à l’extérieur s’est penchée pour parler avec lui, se mettre à hauteur de la fenêtre qui était baissée. » Il raconte avoir vu le tireur se redresser, faire demi-tour. « Il a eu un sourire moqueur, bizarre. Il a mis la main dans sa poche, il a sorti un pistolet. Il s’est retourné et il a commencé à tirer, immédiatement. » Il décrit une première série de coups de feu depuis l’extérieur de la voiture puis une seconde, l’arme à l’intérieur de la Twingo. À la demande de la présidente, le témoin est revenu sur ce sourire relevé juste avant les tirs. « C’est comme s’il a entendu quelque chose qui ne lui a pas plu. Il a eu ce sourire, il a pris le flingue de sa poche. »
« Il avait besoin de se faire respecter »
Le témoin a présenté moins de certitudes lorsque la question du mobile lui a été posée. « C’est lié au business de la drogue, quelque chose comme ça », dit-il, précisant qu’il s’agit d’une déduction. Il n’a pas entendu dire que la victime était une balance et propose une autre piste dont parle le quartier. « Ce serait une question d’orgueil. Il avait besoin de se faire respecter. Il voulait s’affirmer devant cette personne. » Le témoin paraît en tout cas étranger aux deux clans. « La victime avait aussi la gâchette facile. Ce n’était pas un ange. »
La présidente de la cour d’assises demande au témoin si c’est le genre d’ambiance qui règne à Garges. Il répond : « Ça ne tire pas tous les jours, mais tous les jours on voit ce genre d’individu, on les croise. C’est un quartier où cela tire plusieurs fois dans l’année. Juste après cela, il y a eu plusieurs meurtres. C’est infernal. Je vous le garantis. C’est dur de vivre ici. » Il évoque un habitant de la place qui s’est retrouvé un jour avec une balle fichée dans son plafond. Le soir des faits, il y a eu trois impacts dans une vitrine. « Heureusement que personne ne passait par là à ce moment », ajoute le témoin. « Cela a été une chance inouïe. Sinon, il y aurait eu plusieurs victimes. »







